La Dépêche : paru le 11 Février 2017.

   L'Ong RHSF (ressources humaines sans frontières) organise à Toulouse, le 20 février, une conférence       ouverte à tous sur le thème du travail des enfants et du travail forcé en Occitanie, en France et dans le       Monde.

   Depuis des années, elle bourlingue à travers le monde pour lutter contre le travail forcé et celui des           enfants. Directrice de l'ONG toulousaine Ressources humaines sans frontières (RHSF), Martine                 Combemale a un credo : «on peut vivre sans s'appuyer sur la misère des autres». Alors, du Panama, où des enfants portent des sacs de 50 kg de café sur le dos, en passant par des chantiers en Occitanie où des travailleurs détachés sont exploités, elle alerte l'opinion contre ce nouvel esclavage moderne qui toucherait 80 000 personnes en France et 21 millions dans le monde, contre les risques qu'encourent les enfants quand le travail remplace l'école.

 

 

Pour Martine Combemale, qui combat l'injustice sociale pour l'avoir elle-même vécue, l'action l'emporte sur la posture morale, la pédagogie sur la dénonciation.

«On doit devenir des acteurs. Lorsqu'on achète de la contrefaçon ou lorsqu'on paye des gens sans les déclarer, on encourage le travail forcé. Il est nécessaire d'agir en tant que consommateur et électeur pour avertir aussi les élus» explique-t-elle.

Car Martine Combemale n'ignore pas que la politique des coûts et des prix toujours plus bas, plébiscitée par une majorité de consommateurs, par les donneurs d'ordre, n'est pas sans conséquences sociales. Pour illustrer cet enjeu de la responsabilité sociale, elle cite l'exemple des pavés chinois et angolais voulus par un architecte pour refaire la rue Alsace-Lorraine à Toulouse. «L'impact social, ce sont les conditions de travail en Chine dans les mines, les transports, les ports... Autant de facteurs qui augmentent les risques humains. L'impact environnemental, c'est ici le transport du granit depuis la Chine, qui rejette 27 fois plus de gaz à effet de serre qu'un acheminement depuis la région du Sidobre dans le Tarn» a-t-elle écrit dans une récente tribune.

Sans remettre en cause la sous-traitance, elle estime que rien n'interdit à un opérateur public, un particulier, de se poser des questions -avant d'acheter ses biens, services ou travaux- sur les conditions sociales des travailleurs ou les conditions environnementales d'exécution des prestations.

«Je trouve d'une injustice folle qu'on sous-traite nos risques. Nous ne sommes pas obligés d'être complices» dit-elle.


«Si on veut, on peut»

Le 20 février, l'ONG présente, à Toulouse, une conférence sur le Défi 8.7 qui vise à traduire en acte l'un des objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU : la suppression de toutes les formes de travail des enfants et de travail forcé.

Cette conférence (avec Bernard Thibault, Carole Delga et Jean-Luc Moudenc notamment) sera suivie de deux jours de formations, les 21 et 22 février, à destination des entreprises, institutions, associations, syndicats et particuliers pour les sensibiliser à ces enjeux.

www.rhsansfrontieres.org

Nous contacter

Siège : 9 rue du Capitaine Escudié, 31000 Toulouse
Bureau : 2 bis place Belfort, 31000 Toulouse
05.31.98.19.54
contact@rhsansfrontieres.fr
Retour en haut