« Seules les baies rouges, les mûres, doivent être cueillies pour assurer la qualité du café pour le consommateur », explique Miguel, responsable de la cueillette sur une propriété de la région de Chiriqui. « Les vertes, les plus nombreuses en ce début de saison, seront ramassées au fur et à mesure de leur mûrissement, ce qui signifie qu’il faut faire plusieurs passages sur un seul arbuste ».
A cette occasion, une armée de cueilleurs aux mains agiles afflue dans cette zone où se côtoient les plus grands producteurs de café panaméen comme Duran, Café de Eleta, ou Café Balboa.
Sur la plantation de Miguel, qui totalise 175 hectares de caféiers dans les secteurs Piedra de Candela, Río Sereno et Renacimiento, le personnel passe en quelques semaines « d’une quarantaine d’employés à plus de 700 », précise-t-il.
Le personnel temporaire chargé de la cueillette, un travail qui ne nécessite aucune qualification, provient des tribus d’Amérindiens Ngöbe et Buglé vivant dans la réserve (comarca) Ngöbe-Buglé voisine de la province de Chiriqui.
Une véritable migration annuelle vers les plantations de café, qui concerne des familles entières.
Répartis dans plusieurs campements sur la propriété, ils se lancent six jours par semaine, dès six heures du matin et pour plus de huit heures d'affilée, à l’assaut des pentes escarpées de la montagne pour récolter les précieuses « cerises » dont les fèves finiront dans les tasses des consommateurs aux quatre coins du monde.

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Risques de travail forcé et de travail des enfants

« Les migrants du secteur agricole, même s’ils viennent de leur plein gré, sans passer par des agences d’intérim, se trouvent très facilement en situation de travail forcé, ou dans des conditions de travail abusives », remarque Martine Combemale. En effet, « ils vivent isolés sur la plantation, ils ne disposent pas d’intermédiaires (syndicats…) pour les défendre face aux propriétaires, ils peuvent être soumis à des contraintes excessives et être renvoyés du jour au lendemain… ».

Par ailleurs, « ils viennent souvent avec leurs familles. Et les enfants ne disposant pas, la plupart du temps, d’écoles proches, ils accompagnent les parents dans les champs et travaillent à leurs côtés sans être enregistrés comme travailleurs. Officiellement, ils n’existent pas », ajoute-t-elle.
« Travailler dans une plantation de café est par ailleurs dangereux pour les enfants », souligne pour sa part Diane Mull, directrice d’IIECL. En effet, ils peuvent être amenés à porter des charges trop lourdes pour leur âge, à utiliser des outils pouvant les blesser (bêches, machettes…), et surtout à se trouver en contact avec les pesticides répandus sur les plants de café ». D’où l’importance de cartographier les tâches accomplies par les employés de l’exploitation pour réserver les moins nocives aux plus jeunes travailleurs.

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